6 min DE LECTURE · 20 octobre 2026

Site internet d’avocat : ce que le règlement de la profession autorise

Domaines d’activités dominantes, mot « spécialiste », nom de domaine, déclaration à l’Ordre : ce que l’article 10 du RIN permet sur le site d’un avocat, et ce qu’il interdit.

Un avocat peut avoir un site internet, publier ses honoraires, rédiger des articles et faire de la publicité. Le règlement intérieur national de la profession (RIN) ne l’interdit pas : il l’encadre. Son article 10, consacré à la communication, fixe ce que le site doit dire, les mots qu’il ne peut pas employer et les démarches à accomplir auprès de l’Ordre.

Ce guide suit la version consolidée du RIN publiée par le Conseil national des barreaux, à jour au 7 juillet 2026. C’est une synthèse pratique : en cas de doute, votre conseil de l’Ordre reste l’interlocuteur de référence.

Ce que le site doit permettre

L’article 10.2 pose une règle commune à toute communication de l’avocat, quel que soit le support. Elle doit respecter les principes essentiels de la profession, faire état de la qualité d’avocat et permettre au public :

Ces informations s’ajoutent aux mentions légales de tout site professionnel, détaillées dans notre article sur ce que doit afficher le site d’une TPE. Un cabinet qui reçoit des particuliers doit aussi leur communiquer les coordonnées du médiateur de la consommation dont il relève (article L616-1 du Code de la consommation) ; pour les avocats, c’est le médiateur national de la consommation désigné par le Conseil national des barreaux.

L’article 10.2 dresse aussi la liste de ce qui est interdit : toute publicité mensongère ou trompeuse, toute mention comparative ou dénigrante, toute mention qui ferait croire à une structure inexistante ou à une qualification non reconnue, et toute référence à des fonctions sans lien avec la profession ou à des fonctions juridictionnelles.

Trois domaines d’activités dominantes, pas plus

Un avocat peut présenter ses domaines d’activités dominantes. Le RIN fixe deux limites. Leur nombre ne peut pas dépasser trois. Et chacun doit résulter d’une pratique professionnelle effective et habituelle dans le domaine revendiqué.

Une troisième précision change la structure d’un site de cabinet : l’information sur les domaines d’activités dominantes, comme sur les spécialisations, doit correspondre à l’avocat personne physique membre de la structure. Un cabinet de quatre avocats ne présente donc pas un catalogue de dix matières à son nom : chaque avocat affiche au plus ses trois domaines.

Pour le référencement, cette contrainte est plutôt une chance : une page par domaine, nourrie des questions que posent réellement les clients, vaut mieux que dix pages vides.

« Spécialiste » : un mot réservé

Seul l’avocat titulaire d’un ou plusieurs certificats de spécialisation, régulièrement obtenus et non invalidés, peut employer les mots « spécialiste », « spécialisé », « spécialité » ou « spécialisation », et le signe distinctif créé par le Conseil national des barreaux. La règle vaut quel que soit le support : texte des pages, titres, balises lues par Google, publicités en ligne, réseaux sociaux.

C’est le piège le plus fréquent du référencement d’un avocat. La balise de titre « Avocat spécialisé en droit du travail à Paris » est tentante, car elle reprend une recherche courante ; elle est interdite sans certificat. Des formulations comme « Avocat en droit du travail à Paris » ou « Droit du travail : domaine d’activité dominante » répondent à la même recherche sans enfreindre la règle.

Le nom de domaine

L’article 10.5 encadre l’adresse du site. Le nom de domaine doit comporter le nom de l’avocat ou la dénomination du cabinet, en totalité ou en abrégé, éventuellement suivi ou précédé du mot « avocat ». Est interdit tout nom de domaine qui évoque de façon générique le titre d’avocat, un titre pouvant prêter à confusion, un domaine du droit ou une activité de l’avocat.

Concrètement, une adresse construite sur « nom-avocat » est conforme ; une adresse du type « avocat-divorce-ville » ne l’est pas. Le Conseil d’État a validé ces règles en 2015 : elles protègent l’intégrité de la profession et la bonne information des clients, et empêchent un avocat de s’approprier un domaine du droit par son adresse, sans atteinte disproportionnée à sa liberté de communiquer. L’article 10.6 applique la même logique aux dénominations : nom commercial, enseigne ou marque ne peuvent pas évoquer de façon générique un domaine du droit ou une spécialisation.

Le même article ajoute deux règles propres au web. Le site ne peut afficher aucune bannière publicitaire, sauf celles de la profession. Et l’avocat répond des liens qu’il publie : il doit vérifier régulièrement les pages vers lesquelles ils mènent et supprimer sans délai ceux qui conduiraient vers un contenu contraire aux principes essentiels.

Déclarer le site à l’Ordre

Trois dispositions imposent d’informer le conseil de l’Ordre, toujours « sans délai » :

  1. l’avocat qui ouvre ou modifie substantiellement un site internet en informe le conseil de l’Ordre et lui communique les noms de domaine qui y mènent (article 10.5) ;
  2. toute publicité doit être communiquée au conseil de l’Ordre (article 10.3) ;
  3. l’avocat qui communique sur ses spécialisations ou ses domaines d’activités dominantes, ou modifie substantiellement cette communication, en transmet les termes au conseil de l’Ordre (article 10.2).

En pratique, inscrivez cette déclaration au calendrier de mise en ligne, et renseignez-vous auprès de votre barreau sur la forme qu’il attend. Une refonte substantielle justifie une nouvelle information.

Publicité, honoraires et sollicitation

La publicité et la sollicitation personnalisée sont permises si elles donnent une information sincère sur la nature des prestations et respectent les principes essentiels (article 10.3). La sollicitation personnalisée prend la forme d’un message, à l’exclusion de toute démarche physique ou téléphonique et des SMS. Elle précise les modalités de détermination du coût de la prestation, qui fera l’objet d’une convention d’honoraires.

Publier ses honoraires sur le site va dans le sens du RIN, qui impose d’informer le client dès sa saisine des modalités de détermination des honoraires (article 11.1) et de conclure une convention écrite (article 11.2). Un site peut donc présenter le prix d’une première consultation, un taux horaire, des forfaits ou un honoraire complémentaire de résultat. Le pacte de quota litis, qui fixerait l’intégralité des honoraires en fonction du seul résultat, reste interdit (article 11.3).

Dernier point de vigilance : le secret professionnel couvre notamment le nom des clients (article 2.2). Prudence, donc, avec les pages de références et les témoignages qui permettraient de les identifier.

Ce que nous en avons fait dans une démo

Pour montrer ces règles appliquées, nous avons construit Contrefort Avocats, un cabinet fictif de Paris 8e : trois domaines présentés en détail, des honoraires publiés hors taxes et toutes taxes comprises, une prise de rendez-vous qui demande la partie adverse pour vérifier les conflits d’intérêts, et un simulateur d’indemnité de licenciement fondé sur le Code du travail. Les mentions de l’article 10 y figurent, avec au plus trois domaines dominants par avocat.

Notre page sites pour avocats et cabinets détaille ce que nous livrons, et la page création de sites web notre méthode ; les prix sont publiés sur nos tarifs. Toutes nos démos métier s’ouvrent sur téléphone, comme un client le ferait avant de vous appeler.

Sources

Article à jour au 20 octobre 2026. Il présente des règles générales et ne remplace pas l’avis de votre conseil de l’Ordre.

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